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Parcours d'une pionnière

Directrice générale et artistique de la Rencontre Théâtre Ados dont elle est cofondatrice, Sylvie Lessard a déjà été une ado allumée par le théâtre. Elle partage les expériences qui l’ont menée du théâtre amateur jusqu’à la création de la Rencontre Théâtre Ados.

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As-tu commencé à t’intéresser au théâtre quand tu étais ado?

Oui, mais pas tout de suite à mon entrée au secondaire. Il faut dire qu’à l’époque, les arts et la culture n’étaient pas très développés pour les secondaires I à III. C’est en secondaire V, au moment où je devenais plus extravertie, que j’ai vraiment commencé à faire du théâtre. Je jouais entre autres avec Stéphane Jacques qui allait à la même école que moi.

Au cégep La Pocatière, j’ai commencé à faire de l’impro. J’étais bonne… mais dans ma zone de confort seulement! J’ai continué à faire du théâtre au cégep avec un prof totalement passionné. J’étais très impressionnée parce qu’il allait voir les productions de l’UQAM! Il était très motivé et faisait venir des étudiants de l’UQAM pour nous donner des ateliers de jeu. Puis, quand je suis venue étudier au cégep du Vieux-Montréal, c’était plus sérieux. L’Organe théâtral faisait passer des auditions et j’ai fait partie de la troupe un an ou deux. Marie-Dominique Cousineau, qui animait l’Organe à cette époque, allait chercher des textes très intéressants. Je me souviens qu’on a monté un collage de Goldoni. Je ne tenais pas de rôles principaux, mais ça m’amusait de jouer plein de petits rôles.

Est-ce à ce moment-là que tu as su que tu allais consacrer ta carrière au théâtre?

En quelque sorte, oui. À un moment donné, quelques-uns d’entre nous avons préparé nos auditions pour entrer dans les écoles de théâtre. J’y suis allée, puis en sortant je me suis dit que ce n’était pas ma place. Je savais que je ne serais pas comédienne. Dans mon groupe, personne n’avait été accepté non plus, mais c’est tout de même à cet instant-là qu’on a décidé de faire du théâtre quand même, juste parce qu’on aimait ça. J’étais avec François Hurtubise, Sarto Gendron et Chantale Dumoulin. On s’est ouvert un compte de banque, on a monté un spectacle, Le Rock du grand méchant loup, écrit par un super bon auteur, Pierre-Yves Bernard, et on s’est autoproduit. On a développé notre esprit d’entreprise au fur et à mesure qu’on tournait avec le spectacle. On a joué au moins 200 fois!

À 24 ans, j’étais enceinte et j’ai pris une pause du jeu, mais j’avais encore ma place dans la troupe. Sans savoir que ça s’appelait comme ça, je faisais de la régie et de la direction de production dans tous les projets. Tranquillement, j’ai évolué jusqu’au métier que je fais aujourd’hui. Quand la RTA est née, je me suis naturellement impliquée dans sa mise en forme, dans la définition du statut d’entreprise, dans la recherche de subventions et le développement du public.

Comment entrevois-tu l’avenir du théâtre de création pour ados au Québec?

J’ai l’impression qu’au début, la RTA était un élément de curiosité pour les gens du milieu théâtral, et Laval n’était pas non plus reconnue culturellement il y a 20 ans. Je pense que, depuis sa fondation, la RTA a influencé beaucoup de jeunes créateurs et on reçoit de plus en plus de dossiers de qualité. Aujourd’hui, on rencontre de nouveaux créateurs qui sont venus à la RTA quand ils étaient ados et qu’on a influencés. Il y a 20 ans, il restait deux compagnies qui créaient pour ados au Québec, alors qu’aujourd’hui, à Laval seulement, 4 compagnies professionnelles ont déposé des projets s’adressant aux ados pour 2017. Je pense que la RTA a été un bon vecteur de créativité pour Laval. Je n’entrevois que du positif pour l’avenir du théâtre pour ados.


  • Vous avez participé au Festival quand vous étiez ados, comme spectateur ou lors d'une production étudiante, et vous avez gardé un souvenir saisissant de cette époque?
  • Vous êtes un professeur passionné de théâtre pour qui l'enseignement n'aurait pas de sens sans une visite annuelle à la RTA ?
  • Vous êtes artistes et la RTA a donné le coup d'envoi à votre carrière?

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