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Didier Lucien : plaisir de jouer

Bien avant de commencer sa carrière d’acteur, Didier Lucien croyait à la collaboration, aux possibilités créatives du jeu théâtral et au plaisir que pouvaient procurer les arts vivants, tant aux acteurs qu’aux spectateurs. Rencontre avec le porte-parole de la RTA.

Est-ce à l’adolescence que tu as découvert le théâtre?

Oui, j'étais même le genre d’ado qui manquait des cours pour faire du théâtre! Je manquais aussi mes cours pour aller expérimenter à la caméra. Je faisais aussi beaucoup de musique. Quand il y avait un party à organiser, je faisais partie du comité qui l’organisait. J’ai joué au football… Finalement, je faisais un peu tout ce qu’il était possible de faire. Je participais à tout, tant que c’était le fun!

 

Je suivais un cours de théâtre à l’école en parascolaire et notre prof, René Harvey, nous amenait régulièrement voir des pièces, ça m’a donné la piqûre. Je me suis inscrit avec un de mes bons amis à un cours de théâtre en dehors de l’école. C’est là, bien avant la LNI, que j’ai appris à faire de l’impro. On faisait des improvisations d’une heure! Quand le Match d’impro a commencé à se populariser dans les écoles, on a formé la première équipe de la polyvalente Armand-Racicot. Stéphane Crête et moi, on écrivait aussi des sketches et des spectacles dans nos moments libres, la fin de semaine. Peu importe ce que ça donnait, on finissait toujours par le jouer sur une scène ou une autre.

Qu’est-ce qui t'attirait autant dans les arts de la scène?

C’était tout naturel pour moi de jouer et de monter sur scène. J'aimais être sur scène, mais j'aimais surtout que le monde ait du fun dans la salle. Je voulais que tout le monde soit bien et oublie ses problèmes pendant au moins cinq minutes.

Au cours de ta carrière d’acteur, tu as inspiré plusieurs adolescents, notamment Pier-Luc Funk qui nous a confié avoir été très influencé par les comédiens de la série "Dans une galaxie près de chez vous"…

Il y avait une dimension collective importante dans ce projet. Toute la distribution faisait déjà de l’impro. On avait donc déjà joué les uns contre les autres, on avait le même langage et ça nous rendait complices. On nous a souvent demandé si ce qu’on jouait était improvisé, mais non, c'était comme ça que Claude Legault et Pierre-Yves Bernard – qui avait déjà été capitaine de notre équipe – l’avaient écrit. Et je me suis souvent dit que, si cette complicité pouvait transparaître, si les gens voyaient qu’on avait du fun en gang, ils allaient peut-être avoir envie de faire des choses ensemble et, vraisemblablement, ça a fonctionné!

Qu'est-ce que tu aurais envie de dire aux jeunes que tu inspires, à ceux pour qui tu serais un modèle?

Je leur souhaite toujours une « saine délinquance ». Dans la vie, j'essaie toujours de trouver et faire ce que personne ne fait et de trouver une façon de le faire. Je leur dirais donc de collaborer, de créer ensemble, que c’est important et que ça enrichit. Démarrez des projets, inventez des choses et réinventez-vous. As-tu du fun à faire ce que tu fais? Ça se peut qu’à un moment donné, tu commences à faire quelque chose sans y mettre ton cœur et te dire que c’est correct, mais ce n’est pas vrai. Il faut toujours avoir le cœur à la même place que ce qu'on est en train de faire.

Est-ce qu'un événement en particulier a marqué ton rôle de porte-parole à la RTA?

Au début, quand je suis devenu porte-parole de la RTA, je me disais qu’aller voir les spectacles faisait bien sûr partie de mon mandat, mais ce n’est pas par obligation que je viens au festival. J'essaie même de voir toutes les productions parce que j'aime vraiment ça. L’an dernier, j'ai vu une pièce, "Le Chant du Koï" du Théâtre Le Clou, qui figure parmi les meilleures que j’ai vues de ma vie. La qualité des spectacles présentés à la RTA est très élevée. J’ai l’impression que les metteurs en scène se permettent d’essayer des choses plus audacieuses quand ils s’adressent, entre autres, à des ados. Je ne m’ennuie jamais à la RTA; je suis surpris chaque année. Et c'est assez étonnant de voir que, dans la salle durant une représentation, les ados écoutent et ne disent pas un mot pendant 45 minutes! À la RTA, ça se peut! Chapeau!