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La RTA de Marilyn Perreault

Dans le cadre du 20e anniversaire de la RTA, nous avons voulu mettre de l’avant les artistes et artisans de la scène qui ont contribué à forger l’identité du Festival au fil du temps. Créatrice, comédienne, metteure en scène et auteure, c’est avec des étoiles plein les yeux que Marilyn Perreault, codirectrice du Théâtre I.N.K, membre du comité du 20e anniversaire de la RTA et habituée du Festival depuis 2003, parle des jalons de son parcours en théâtre.

Suivre son coeur

Marilyn Perreault est de celles qui ont suivi leur coeur et choisi une carrière dans les arts.  Comme c’est le cas pour la plupart des ados, elle découvre le théâtre dans un cadre scolaire, en secondaire IV. “Notre professeur d’anglais avancé aimait énormément le théâtre, et il nous a dit : vous vous mettez en équipe, vous écrivez une pièce, vous la répétez et vous la jouez, le tout en anglais. J’ai donc attrapé la piqûre du théâtre… en anglais!”, explique-t-elle en constatant que c’est de cette façon, en touchant à toutes les étapes du processus de création, qu’elle s’y investit encore aujourd’hui.

 

C’est au moment de s’inscrire au CÉGEP qu’elle choisit le théâtre pour de bon. Encore une fois, un de ses professeurs qui voit en elle l’étincelle de la créativité et une aptitude pour le jeu théâtral, lui donne l’élan nécessaire pour suivre sa voie et l’encourage à faire ses auditions dans les écoles de théâtre. “J’ai longtemps hésité entre la science et les arts. J’avais les notes pour m’en aller en science, mais finalement, j’ai suivi mon coeur. Je pense avoir fait le bon choix, même si, quand on commence l’école de théâtre, on ne sait jamais si on va réussir, et qu’une fois qu’on a réussi, on ne sait toujours pas si on sera capable de vivre de ce métier-là.”

Après des études en interprétation, elle commence à travailler pour la compagnie de théâtre acrobatique Dynamo Théâtre pour laquelle elle travaille toujours. Le théâtre plus de mouvements, le théâtre de création et la recherche vont l’intéresser et la motiver de plus en plus. “En théâtre acrobatique, j’ai appris que je pouvais faire des choses que je ne pensais pas pouvoir faire. Dynamo Théâtre m’a donné la piqûre du théâtre plus physique. C’est cette expérience qui m’a donné le “mode d’emploi” et l’envie pour continuer”. Elle transposera d’ailleurs plusieurs de ses apprentissages aux créations de sa propre compagnie, le Théâtre I.N.K.

Jouer à la RTA

Sans être créées expressément pour les adolescents, les pièces produites par le Théâtre I.N.K. mettent souvent en scène un ou plusieurs personnages adolescents ou alors tiennent un propos auquel ils peuvent s’identifier. “Au Théâtre I.N.K. on aime avoir des salles mélangées de spectateurs adultes et adolescents qui viennent parce que l’école le demande, entre autres, mais aussi pour apprendre à devenir des spectateurs.” 

Bien souvent, présenter son spectacle durant le festival donne un autre élan à la production. Le passage de sa compagnie à la Rencontre Théâtre Ados a eu un impact réel sur la façon de communiquer le théâtre aux ados. “Les jeunes qui viennent voir un spectacle à la RTA sont préparés. Les questions qu’ils posent après avoir vu le spectacle concernent des choses qu’ils ne comprennent pas et ça nous permet d’améliorer une production au fur et à mesure des commentaires qu’on reçoit. Et souvent, en jouant à la RTA une pièce qui n’est pas nécessairement destinée aux ados nous permet de vivre une expérience complètement différente de celle d’un spectacle présenté de façon traditionnelle en salle. Ça nous aide beaucoup plus à rencontrer le public.”

Quel avenir pour le théâtre pour ado?

Si vous demandez à Marilyn Perreault comment elle entrevoit l’avenir du théâtre pour ados, vous l’entendrez parler du pouvoir d’évocation et de l’imagerie de la langue française, de l’importance du théâtre de création et des créateurs d’ici, de l’accessibilité aux arts vivants et du travail collectif qu’une production théâtrale implique, envers et contre tout l’individualisme qui teinte l’époque actuelle. “Je ne voudrais pas que le théâtre devienne du théâtre strictement éducationnel. Quand un jeune tripe au théâtre, on en a pour un bout à l’avoir avec nous. Et on pense encore que, le théâtre, c’est pas pour tout le monde... Oui, c’est pour tout le monde!”, affirme avec conviction celle qui croit qu’il faut donner les clés et indiquer les portes d’entrée pour mieux comprendre et profiter d’une oeuvre. “Il faut que les profs trouvent ça agréable de se déplacer au théâtre. Il faut faire en sorte qu’une sortie au théâtre soit comme une sortie au cinéma : c’est venir vivre une expérience, et dans sa langue d’origine en plus!”

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La robe de Gulnara. Crédits : Nicolas Frank Vachon

 Le Théâtre I.N.K. et Marilyn Perreault à la RTA

2003 Lecture publique de La Cadette, de Annie Ranger – Théâtre I.N.K.

2005 Laboratoire : La Cadette, de Annie Ranger – Théâtre I.N.K.

2009 Présentation de la pièce La Cadette, de Annie Ranger - Théâtre I.N.K.

2011 Présentation de la pièce La Robe de Gulnara, de Isabelle Hubert - Théâtre I.N.K. (photo ci-contre)

2012 Présentation de la pièce Britannicus Now, de Marilyn Perreault - Théâtre Double signe

 

En savoir plus sur le Théâtre I.N.K. et le travail de Marilyn Perreault