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Histoire d’un champion : la RTA de Pier-Luc Funk

L’improvisation change des vies. Plusieurs acteurs professionnels vous le confirmeront : la pratique du match d’impro a transformé leur existence en mieux, leur donnant la confiance dont ils avaient besoin, le soutien d’une équipe sur qui on peut compter, l’envie de se dépasser et le goût de rester à l’école. La RTA a 20 ans, la LIRTA bientôt 15, et nous voyons désormais certains des jeunes participants d’autrefois fouler les planches et briller au petit et grand écran. Le comédien Pier-Luc Funk fait partie de ceux-là. Le joueur étoile de la LIRTA est devenu joueur émérite à la LNI et a fait sa place au sein du milieu artistique professionnel. La RTA est très fière de lui avoir procuré l’une de ses premières tribunes. Rencontre avec un champion.

Quel genre d’ado étais-tu?

J’étais un ado un peu turbulent. Au primaire, j’étais tannant! Je n’avais pas d’habiletés particulières, j’étais juste dérangeant! Au secondaire, j’étais inscrit à Georges-Vanier dans le programme de comédie musicale. Là, j’étais encore tannant, mais je commençais à développer des habiletés et à me défouler quand j’avais l’occasion de performer. Je pense que les profs aimaient me haïr. J’étais comme le méchant sympathique dans une série : tu l’aimes bien, mais ce n’est pas ton chouchou.

Tu es un personnage récurrent de la Rencontre Théâtre Ados. Comment la RTA a-t-elle changé ta vie?

La RTA a fait en sorte que j’ai pu me définir. À l’adolescence, tout le monde cherche sa place. J’ai trouvé la mienne quand j’ai commencé à faire de l’impro : ça a ajusté mes cadrans et je me suis trouvé là-dedans. J’aimais ça et le monde aimait ce que je faisais. C’est à ce moment-là que je suis devenu celui que je suis aujourd’hui. L’impro pour moi, ç’a été le déclic. Quand on pense aux légendes du sport - quand mes parents me parlaient de Maurice Richard ou dans les documentaires sur Mohamed Ali par exemple -, il y a toujours un tournant dans leur vie qui a fait en sorte qu’ils n’auraient rien pu faire d’autre que ce qu’ils ont fait. Je ne suis pas en train de dire que je suis une légende là! C’est seulement que la RTA ça été mon déclic, c’est là où j’ai pu performer, c’est là où j’ai eu envie de me donner, là où c’est devenu important et où ma passion est devenu mon carburant.

Quel est ton plus beau souvenir de la RTA?

La première fois où on a gagné la Coupe Champlain. C’est un des plus beaux moments de mon adolescence. On a gagné deux fois. On était une équipe qui jouait pour avoir du fun. On ne s’en rend pas toujours compte quand on est en train de créer quelque chose d’important. À ce moment-là, on accomplissait quelque chose de beau : je me disais qu’on était en train de créer un souvenir. Trois ans plus tôt, on ne savait pas c’était quoi une mixte, on n’avait pas de logos sur nos chandails, et puis là on avait un logo et le nom de notre équipe gravé à tout jamais sur le trophée!

À part la RTA, qui a le plus influencé ton parcours d’acteur?

C’est ma mère. Un jour, elle m’a demandé ce que je voulais faire dans la vie. Au début, je voulais jouer au hockey, parce que tous mes amis jouaient au hockey. Alors elle m’a inscrit dans un club. Je n’étais pas vraiment bon! Dans ce temps-là, j’étais fan de la série Dans une galaxie près de chez vous, avec Stéphane Crête, qui jouait Brad. Je le regardais à la télé et j’avais envie d’être comme lui. Alors, j’ai dit à ma mère que j’aimerais faire de la télé et elle m’a inscrit dans une école de théâtre, puis dans une agence de distribution, et elle est allée me reconduire à tous mes tournages. Elle a toujours été là. Je pense que, même si j’avais voulu faire du scrapbooking toute ma vie, elle m’aurait encouragé et m’aurait soutenu. Mes parents sont les personnes qui m’ont apporté le plus de soutien. C’est la réponse classique, mais je suis convaincu d’avoir les meilleurs parents.

Qu’est-ce que tu dis aux ados que tu rencontres et qui te confient vouloir faire la même chose que toi?

Faire comme moi, ça ne veut pas dire faire de l’impro, ça veut dire faire ce que tu aimes dans la vie et te donner à faire ce que tu veux faire dans la vie. Le conseil s’applique à tous les domaines : si c’est ça que tu veux faire, fais-le à 100%. Et si tu veux faire de l’impro, va en voir, joue, observe les styles de jeu le plus possible.

Qu’est-ce que tu souhaites à la RTA pour les 20 prochaines années?

Si l’impact que la RTA a eu sur moi peut être reproduit sur d’autres ados, c’est le plus beau des scénarios. La RTA l’a déjà fait, elle a les moyens de continuer à le faire. Plus ça fait des vagues, plus ça touche de gens, mieux c’est!